Trop de la balle !
Ses pas résonnent dans l’appartement, Etienne a huit ans, il court sur le parquet glissant, cherchant une balle. Pas une balle, la balle, celle qui lui a permis de décrocher les lauriers de roi de la récré. Même le grand Bertrand n’a pas su l’arrêter quand il a shooté.
Le derrière cuisant, Etienne a dix ans, en larme sous sa couette il se recroqueville. Son père a trouvé le carnet dans le vestibule, son carnet empli de bulle.
Des airs de baleine échouée, Etienne a douze ans, ses parents sont absents. Affalé, la télé allumée, il enchaîne les beignets. Sur son bide étalées, les miettes échappées des donuts enfilés, trônent fièrement.
Les couleurs aux bajoues, Etienne a quatorze ans, cette fille en a tout autant. Ce soir il y a bal, son cœur s’emballe, dans sa mémoire s’entasse les râteaux amassées. Ce soir elle a accepté, elle avait parié, il en a fait les frais.
Les oreilles bourdonnantes, Etienne a seize ans, il se dégonfle paisiblement. Quand il est entré dans l’épicerie, le gérant l’a vu arrivé. Ses potes ont paniqués, sa chair s’est envolée. Logée dans sa trachée, la balle s’est incrustée.