Golem

Publié le par hibou

 

Je l’ai ramassé. Gisant, exsangue, il s’évidait de satisfaire mère, père, frères et sa chère. Il avait pris la couleur du dallage, ses yeux glacés sans âge tonnaient le glas. J’ai tranché ses liens, et détourner le vent.

 

Délicatement j’ai insufflé dans ses bronches, un peu d’air, un chant. Il a tressauté, doucement. Il s’est dressé, guettant d’un œil morne, presque éteint. Il a promené son regard lâche et opportun, sur les décombres fumants et les faux-semblants où il nichait.

 

Effrayé de ne percevoir son reflet dans ce décor stagnant, il a cru qu’il n’était plus. Il avait oublié qu’il était transparent, que ses ailes ne se coloraient qu’à la lueur de leurs battements.

 

Brusquement, j’ai allumé un feu pour extraire ce rapace hors des débris de sa vie. S’il pouvait faire de la naïveté, sa bannière, du brasier de sa passion, un plumage de lumière, de son regard, deux puissantes serres...

 

Le hibou se ferait alors phœnix. Malgré que ce ne soit pas lui, qu’il souhaite voir briller en ce monde, mais l’éclat de vos yeux, afin de s’y orienter.
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Publié dans Première Fraîcheur

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