BZZ
à Mathieu Bréard
Bzz fait le moustique, banal départ aérien. Mais ça finit par une rencontre avec ma main, il y a donc plein de suspens.
Mais on n'y est pas encore et le moustique fait bzz. Un peu comme le bruit que font les essuie-glaces de Mimi, la voiture.
Mais cela n'est pas le sujet et le moustique fait bzz bzz. Vrombissant il s'élance, pirouette, débute son ballet.
Il fait bzz, se glissant par l'interstice de la porte-fenêtre. Avec le temps il a appris à ne pas rentrer dedans. C'était pas gagné, elle n'arrête pas de coulisser, on ne sait jamais, si elle est ouverte ou fermée.
Toujours est-il qu'il en faut plus pour l'arrêter, il fait bzz et le voilà de l'autre côté. Tiens une lampe bleue, qu'a-t-elle à grésiller? Le moustique a appris à s'en méfier, autour ça sent la chair grillée. Il la laisse faire bzz, pour voler vers le garage.
Bzz fait le moustique, il a repéré sa proie, un bras. Mollement il pendouille par la fenêtre d'une voiture, que j'essaie vainement de faire démarrer.
Le moustique fait bzz et c'est la descente en piqué. Sur ma main il vient se poser. Il tend sa trompe, perce, puis la trempe dans mon sang.
Le moustique pompe, s'emplit de liquide nourricier. Rassasié, il tente de décoller, alourdi, il se pose peu après. Se repose sur le pare-brise de la voiture. Bzz fait Mimi, schlurf fait le moustique.